Intervention Rouges Vifs IDF à la réunion publique du CDR RUE

Bonsoir Mesdames et Messieurs,
Chers amis, chers camarades,

Nous sommes réunis ce soir pour développer les arguments qui nous ont conduits, chacun à partir de son approche, à nous rassembler autour de l’appel à boycotter les élections européennes.

Rouges Vifs Ile de France, qui m’a mandaté pour intervenir ce soir, est une association politique regroupant des communistes qui poursuivent des combats fondamentaux que le PCF ne mène plus, et bien sûr des militants syndicaux qui veulent participer à la renaissance d’un point de vue du monde du travail, sur le plan politique.

Nous voulons contribuer à définir les contours d’une autre société où les véritables créateurs de richesses seront souverains pour décider de leur utilisation, une société où Peuple et producteurs se fusionnent et agissent dans le sens de leur intérêt commun, une société où les coopérations mutuellement avantageuses et respectueuses dans le monde, deviennent la règle.

Naturellement, la question des institutions européennes qui cherchent à imposer leurs exigences, conformément aux traités signés par les gouvernements nationaux, est pour nous primordiale. Le bilan de l’Union Européenne est éloquent et significatif des objectifs poursuivis.

La preuve est faite : l’intégration européenne n’a pas été facteur de progrès social mais bien de régression. Elle n’a pas développé des coopérations entre les peuples mais a généré d’énormes concentrations industrielles et financières, meurtrières pour des millions de travailleurs et leur famille, pour des régions entières en Europe.

Elle n’a pas concouru à la Paix mais s’est engagée directement ou par l’intermédiaire de pays membres (dont la France est moteur), dans des opérations militaires de « normalisation » à l’encontre de pays qui ne veulent pas se soumettre à la domination des « marchés ».

Les dégâts sociaux dans notre pays sont déjà considérables (les retraites particulièrement, la sécurité sociale dans son principe, les services publics, la baisse des salaires, l’aggravation sans précédent du chômage, la généralisation de la précarité, la casse organisée de l’industrie sapant les fondements de l’indépendance nationale, les délocalisations conséquence logique de la libre circulation des capitaux, la mise en concurrence exacerbée des travailleurs au sein du marché unique, etc, etc)

Et cela ne suffit pas.

Commission européenne et parlement européen exigent sans cesse de nouvelles pseudos « réformes » pour aller plus loin, pour aller jusqu’au bout et en finir avec les conquêtes sociales et démocratiques, de notre peuple et des autres peuples de l’UE.

Dans la répartition des rôles, l’offre des listes présentes affirment que le parlement européen prétend parfois obtenir, sans en avoir le pouvoir, des contreparties pour soulager les populations.

Mais le constat est sans appel, surtout depuis l’accélération qu’a constitué la mise en œuvre du traité de Maastricht.

Pouvait-il en être autrement ? Une réponse positive à cette question signifierait qu’une autre logique pourrait s’imposer dans le cadre actuel.

Pour répondre à cette question, il faut revenir, historiquement et très brièvement, aux fondements de l’intégration européenne, conçue dès la fin de la deuxième guerre mondiale dans une situation politique où le Patronat européen est totalement discrédité par son comportement durant le conflit et doit aussi faire face à l’élargissement de la sphère, constituée autour de l’URSS, échappant à leur domination.

S’y ajoutent les luttes de libération nationales qui détruisent les empires coloniaux et la concurrence renforcée exercée par l’impérialisme étasunien qui veut étendre sa domination sur le continent. C’est pour modifier la donne à son avantage que le capital européen se lance dans ce processus.

La construction européenne, chère à la finance, est caractérisée depuis toujours par la recherche obsessionnelle de la domination et l’accumulation capitaliste au travers de concentrations dans l’industrie, les services et l’agriculture, au travers de la destruction des services publics, de la protection sociale et des conventions collectives.

Cette « libéralisation » a été mise en œuvre par tous les gouvernements successifs dans tous les pays de l’UE, participant ainsi, à l’échelle du continent au transfert de richesses du camp du travail vers les profits du capital.

Comme l’a dit lucidement, en son temps, le sociologue Alain Touraine, connu pour son allégeance à la domination des marchés : « En France, le mot libéralisme était imprononçable, alors on en a trouvé un autre, Europe ».

Bien évidemment, cette orientation en faveur du capital ne peut être affirmée en tant que telle sous peine de voir les peuples se soulever et « renverser la table ». Ainsi les institutions européennes ont été et sont conçues pour dessaisir les peuples de leur pouvoir d’intervention. L’intégration européenne, c’est le moyen qui, dévoyant les aspirations naturelles de paix et de coopérations de la majorité du genre humain, permet de transférer progressivement les pouvoirs hors de portée des peuples !

Pour mener une contre-offensive efficace, il est indispensable de mettre en évidence le caractère de classe de l’UE et de combattre sur son terrain la domination idéologique du capital.

Le Capital prétend qu’il est indispensable à toute création de richesses. A ce titre, il exige que toute société humaine doit le laisser exercer sa domination sans encombre, sans législation du travail (à part la limitation du droit de grève) et à l’échelle qu’il juge pertinente (l’Europe aujourd’hui dans le cadre de la mondialisation capitaliste).

La conséquence de cette approche : ce sont la négation du travail comme seul créateur de valeur et la négation des nations comme cadre de souveraineté et d’expression politique des peuples. A cela, nous opposons :

  • Souveraineté populaire et indépendance nationale sont des conditions indispensables à toute perspective de transformation sociale
  • Le travail et sa valorisation par l’augmentation massive des salaires sont les seuls moteurs de développement économique et social de toute société
  • Solidarité internationale et coopérations mutuellement avantageuses entre peuples souverains sont à l’opposé de la fédération impérialiste que constitue l’UE

Or, la « construction » européenne apparait pour ce qu’elle est : c’est une destruction des peuples pour y substituer des communautés. Ce qui est poursuivi, c’est la confiscation du pouvoir des peuples de choisir librement le système économique et social dans lequel ils souhaitent vivre. C’est l’intégration forcée aux objectifs du Capital.

Les élections européennes du 25 mai sont donc une imposture. Doit-on voter pour une imposture ?

De fait, les organisations politiques qui présentent des candidats nous expliquent qu’il faut « hanger l’Europe  , ou pire qu’il faut «  avantage d’Europe  . Aucune des listes en présence n’envisage de rompre avec l’UE. Toutes insistent sur l’importance du «  arlement   européen comme composante la plus démocratique de ses institutions, prétendant que les peuples pourraient s’y faire entendre.

C’est un mensonge, commun à tous les candidats à cette élection, qui porte la négation de ce qu’est véritablement la démocratie, le gouvernement par et pour le peuple. Ce n’est pas parce que les dominants posent des urnes et invitent les citoyens à les remplir qu’il y a démocratie! 

C’est ce que font les occupants américains dans les pays qu’ils ont bombardés et envahis, en Irak, en Afghanistan, pour faire élire des gouvernements fantoches à leur service qui ont la même légitimité que le parlement européen.

L’expérience confirme qu’une démocratie politique qui ne repose pas sur une démocratie économique et culturelle ne sert pas à grand-chose.

Le 25 mai, on nous convoque pour élire de prétendus députés, après un débat sur des clivages politiciens nationaux. Une fois élus, ils iront siéger avec d’autres de 28 pays, élus à l’issue de débats totalement différents. En France, les listes dont les partis politiques ont été successivement au gouvernement depuis 30 ans et qui se sont soumis aux exigences libérales par la voix du l’’E et ses traités craignent l’’bstention, ils craignent le rejet populaire.

Cependant, Ils sont porteurs, pour lutter contre cette abstention, non pas des propositions politiques et économiques utiles mais d’’n sordide argument commun : «  e laissez pas progresser le Front National, votez!

Une fois encore le Front national, utilisé comme repoussoir, va servir de béquille aux partis de gouvernements pour passer ce mauvais moment du 25 mai.

Et comme lors des mandatures précédentes, ceux qui, dans leurs pays, jouent à être la droite et la gauche, tour à tour la majorité et l’opposition, se retrouveront ensemble, à Bruxelles et à Strasbourg, loin du regard de leurs électeurs pour voter à des majorités écrasantes ce que veulent les gouvernements et la commission, soumis aux marchés financiers, ce dont les peuples ne voudraient pas s’ils étaient consultés.

Dire qu’on démocratise l’UE en renforçant les pouvoirs de ce «  arlement   de faussaires est une manière particulièrement grossière de se moquer du monde.

L’’llégitimité de ces élus européens doit être la plus forte possible. Oser s’abstenir à cette élection est un acte courageux et doit être popularisé comme tel. Ce n’est pas une défection, c’est une affirmation du rejet du carcan que l’on veut nous imposer.

Ce que notre collectif organise est salvateur. Il donne un sens politique à toutes celles et ceux pour qui s’abstenir est un déchirement considérant que le droit de vote, le suffrage universel est une conquête populaire, un droit universel au sens où l’’ntendait Robespierre ou les révolutionnaires de la Commune.

Affirmer et revendiquer notre refus de vote militant et citoyen est la base de la contestation des actes commis par les institutions européennes, au nom desquelles les mesures les plus antipopulaires sont mises en œuvre.

Cela légitime d’autant plus le mouvement social et populaire à contester dans la rue les projets gouvernementaux visant à généraliser l’austérité dans tous les domaines.

Affirmons que la contestation du plan Valls de réduction budgétaires de 50 milliards, élaboré sous couvert de l’’E, trouvera d’autant plus de force que notre peuple l’’ura délégitimé, en s’abstenant consciemment aux élections européennes.

Notre peuple, le monde du travail, a compris que ses élus ne le représentent plus. L’action de notre collectif, divers dans ses approches, peut participer à lui redonner confiance dans sa force et sa capacité de revenir au devant de la scène.

En 2005, Rouges Vifs IDF avait appelé à un NON A TOUTE CONSTITUTION EUROPÉENNE. Mettant en évidence la nature exclusivement patronale et capitaliste de l’intégration européenne. Un outil capitaliste.

La forfaiture commise après le résultat du référendum de 2005 avec l’adoption du traité de Lisbonne ne doit pas tomber dans l’oubli. C’est l’honneur de notre collectif de réactiver l’état d’esprit et les débats qui avaient prédominés à l’époque.

C’est pour Rouges Vifs IDF une raison d’être, une base de l’engagement de nos adhérents. Il était donc évident que nous pouvions qu’en être dans le combat commun pour lequel nous sommes rassemblés ici ce soir.

Ce qui est en jeu, c’est de donner une perspective politique au refus de vote assumé et d’en faire le préalable incontournable à l’exigence du changement, y compris dans les institutions de notre pays.

Enfin, face à ce piège électoraliste, on ne vote pas pour une imposture, on la combat lucidement par le boycott, seul positionnement efficace dans cette période.

Pour les élections européennes de 2009 notre association de militants avait appelé au refus de vote.

Pour le 25 mai 2014, avec vous tous, nous participons à l’’ppel national pour le boycott de l’élection européenne! 

Merci de votre attention.

Télécharger l'intervention
2014-04-26_intervention_RVIDF_CDR-RUE
Titre: 2014-04-26_intervention_RVIDF_CDR-RUE (659 clics)
Légende:
Nom du fichier: 2014-04-26_intervention_rvidf_cdr-rue.pdf
Taille: 189 KB