Panique à bord ! « Les gens qui ne sont rien » vont-ils accepter de “sauver” l’économie capitaliste ?

La classe dominante veut essayer de faire passer un message clair ; un message qui sonnerait comme une évidence ; un message qui affirme qu’il n’y aura pas d’autres choix que de travailler dur pour sortir de cette récession afin de sauver « notre » économie — comme si, au passage, cette « économie-là » pouvait aussi appartenir au peuple !

L’ensemble des annonces faites par nos gouvernants, notamment celle sur la date du 11 mai — pavé dans la mare sorti du chapeau — pour commencer un dé-confinement « restant à gagner » montre une chose importante : un vent de panique souffle au plus haut niveau. Les gueux vont-ils vouloir retourner dans la subordination ? Vont-ils encore tolérer le parasite ? Vont-ils vouloir sauver — une fois de plus — les banques privées, les actionnaires ? Vont-ils vouloir continuer à rembourser les dettes dites publiques, etc. ? Plus simplement, une peur bleue envahit cette petite caste qui se demande si elle va pouvoir s’en sortir victorieuse, c’est-à-dire si elle va être en mesure de garder le pouvoir !

La question de la survie à court ou moyen terme du système capitaliste est sur la table. Comme dans toute crise, le Capital montre son vrai visage. Mais aujourd’hui, le bilan de plusieurs décennies de politiques exclusivement orientées dans son intérêt rejaillit violemment. Le monde du travail est en train de prendre conscience du point de rupture que nous venons de franchir engendrant ainsi une période totalement subversive ; si on se replace dans la suite du contexte social d’avant-crise, notamment représenté par le mouvement dit des « gilets jaunes » et par celui sur les retraites, l’énorme et légitime colère du peuple français — qui ne fait que s’amplifier — peut à tout moment se transformer en un mouvement politique de grande ampleur !

Une crise sanitaire qui nous sort de l’exploitation capitaliste

Le Travail doit tirer profit de la période totalement inédite que nous vivons aujourd’hui. Au-delà d’un confinement qui isole humainement tout un chacun, nous assistons à une crise sociale, économique, financière et sanitaire terrible, mais ses retentissements sont riches d’enseignements. Nous avons sous les yeux bien plus que des masques qui tombent ; nous sommes en train d’expérimenter un autre mode de vie — même si c’est sans sortir de chez soi.

D’abord, dans cette société capitaliste presque à l’arrêt, nous retrouvons un rythme normal ; et cela n’a pas de prix ! À l’exception de ceux qui sont encore soumis à l’exploitation capitaliste en cette période de confinement, chacun adapte ses horaires en fonction du travail qu’il a à faire. Les parents ont un salaire pour éduquer leurs enfants — même si c’est pour remplacer l’école. Nous pouvons mieux profiter de notre famille. Le calme s’est répandu partout, les oiseaux chantent et beaucoup se réapproprient « leur » temps pour se retrouver, prendre du recul sur la société d’avant, la vie en générale et se projeter dans ce que devrait être la société de demain. Une chose gagne les esprits : même enfermés chez nous, nous nous sentons moins prisonniers que dans cette subordination totalement abjecte et insupportable à un propriétaire lucratif.

Fini les allers-retours longs et pénibles pour aller se faire exploiter, finis le stress et toute cette pression totalement absurde et ridicule. Nous vivons ! Nos camarades retraités, déjà libérés de la subordination capitaliste, vivaient déjà cela tous les jours et se retrouvent aujourd’hui beaucoup plus prisonniers en étant enfermés. N’est-ce finalement pas une petite idée de la retraite pour les exploités capitalistes — imparfaite puisque bloqués chez soi et pour certains sans revenu ?

Il est couramment admis que le modèle social français issu du CNR permet d’atténuer les crises comme celle que nous vivons aujourd’hui ou celle de 2008. Effectivement, comparé aux États-Unis et son contre-modèle social, c’est vrai. La socialisation d’une partie du PIB par la SÉCU et la cotisation sociale permet cela.

Par contre, nous devons nous interroger sur la vie que nous aurions aujourd’hui si nous avions progressé à partir de ces déjà-là révolutionnaires en les étendant à d’autres domaines comme ceux du logement, de l’éducation, du transport, des communications, etc. Comment aurions-nous vécu le confinement si nous avions tous bénéficié d’un salaire garanti dans la durée, tout au long de sa vie ? Et si la totalité de la valeur créée dans l’année était socialisée en réservant une partie aux investissements pour ne plus « emprunter » ? Dit autrement, comment serait vécu le confinement si tout le monde avait un logement digne de ce nom, un système informatique pour que ses enfants puissent suivre leurs cours, et si tout le monde avait un salaire à vie indépendant de tout aléa de la vie et surtout de toute subordination à un capitaliste ?

Vu sous cet angle, Macron et sa clique, les grands patrons capitalistes, les financiers ont du mouron à se faire. Ils se devaient d’envoyer un signal de fin de récréation, car plus longtemps le confinement va durer — même avec toutes les difficultés que cela entraîne — et plus dur sera le retour dans la subordination. Avec un peu de recul que nous pouvons prendre en ce moment, personne ne la supporte ; l’enjeu de classe pour le Capital est de « sauver » la subordination afin de préserver sa domination

Vers une société débarrassée du parasite

Le Capital ravage tout, même la valeur créée par le Travail ; ce n’est plus à démontrer et les dégâts humains et pour la planète sont gigantesques. C’est d’autant plus palpable (ou visible) lorsque la vie ou la santé des populations sont grandement menacées. Par ailleurs, nous voyons — encore plus aujourd’hui — que le Travail se suffit à lui-même pour faire tourner la société. Voilà ce qui démontre non seulement la légitimé du Travail, seul créateur de valeur, mais aussi l’illégitimité des nuisibles et du parasite. De plus, nous l’avons bien compris, « il ne faut pas compter sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre. »

Le Capital s’inquiète d’une récession mondiale. Mais finalement, si on laisse crever les banques et les actionnaires — enfin ! —, une diminution drastique de la production capitaliste est-elle un problème ? Les peuples et la planète ne s’en sentent-ils pas mieux ? Que rêver de mieux pour repartir sur de nouvelles bases que d’avoir une production capitaliste presque éteinte ? Le fait de se rendre compte que la terre ne s’arrête pas de tourner sans le Capital ne participe-t-il à alimenter leur panique ? N’oublions pas qu’ils ne sont pas principalement inquiets pour la sauvegarde de leurs profits, mais pour celle de leur domination sur l’ensemble de la société ; surtout quand ils s’imaginent tout un peuple s’engager vers de nouveaux horizons bien loin et surtout bien meilleurs que les leurs…

La crise nous montre aussi les métiers indispensables au fonctionnement de la société, même si elle est au ralenti. Ne soyons pas dupes, toutes ces activités sont réalisées en grande partie dans le cadre capitaliste qui expose d’ailleurs ces salariés au virus sans véritable protection, mais nous avons un exemple grandeur nature du travail nécessaire et indispensable à réaliser, ainsi que l’importance du travail pour le peuple.

De cette expérience qu’il nous faut élargir pour une société en fonctionnement normal, nous pouvons aussi quantifier les personnels nécessaires pour réaliser ce travail que l’on peut qualifier de contraint — cf tract Rouges Vifs du 8 décembre 2019. Ainsi, il faut répartir ces effectifs et ajuster un âge de départ en retraite — 50 ans au plus tard pour tout le monde — pour que tous les autres personnels accèdent à la retraite et au travail libéré de toute contrainte. On peut d’ailleurs postuler que plus il y aura de retraités et plus nous aurons une société « riche » et libre. Le salaire à vie basé sur la cotisation sociale sera le pilier central de cette nouvelle société à créer.

La bête acculée devient dangereuse

Nous ne sommes pas naïfs, la classe dominante ne se laissera jamais déposséder et ne déposera jamais les armes d’elle-même. Ainsi, il ne faut pas évacuer l’idée d’une montée en puissance de la violence du système — dans la continuité des mouvements précédents — pour faire rentrer dans le rang ceux qui pourraient se sentir libre de vivre dans une autre société. À cette politique intérieure que nous connaissons bien — et qui peut encore s’accentuer — est en train de s’ajouter une politique de diversion extérieure. Un classique du genre ! Trouver un coupable à la pandémie — au hasard la Chine — pour tenter de faire oublier le fiasco des imposteurs français.

La campagne contre la Chine est lamentable, mais il faut croire que l’analyse politique de l’ambassadeur chinois à Paris a tapé juste. On peut lire notamment dans son communiqué du 12 avril : « “Lorsque la seiche est en danger, elle crache son encre pour noircir l’eau et en profite pour prendre la fuite. C’est une tactique bien connue de certaines élites politiques et culturelles occidentales.” Ils ont voulu tout simplement imputer à la Chine la responsabilité de leur propre incapacité à faire face à l’épidémie et aux multiples tragédies qui s’en sont suivies, et de la sorte, “se blanchir totalement.” »

Les États-Unis ont les réactions d’un pays qui perd pied et qui ne lâchera rien sans tenter de diviser et semer le chaos. Ils s’acharnent à discréditer l’ONU et l’OMS — pourtant nécessaires pour unir et organiser la coopération des peuples —, menacent militairement la République bolivarienne du Venezuela, attisent les conflits avec leur politique néocoloniale inspirée de la Doctrine Monroe contre le Venezuela, le Nicaragua et Cuba, etc. La paix mondiale est assurément menacée.

Le système capitaliste mène au désastre général. Nous, les seuls légitimes et créateurs de valeur, devons en finir immédiatement avec le parasite et continuer le processus révolutionnaire sur le long terme pour expérimenter et élaborer une nouvelle société.

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