Faire de la politique, c’est s’approprier les enjeux et imposer le progrès social, seule issue à la crise !

Le mythe de la compétitivité : l’alibi du patronat, du gouvernement et des partis politiques institutionnels

Depuis plusieurs mois, la multiplication des fermetures d’usines, des “plans sociaux”, annoncés par les patrons du CAC 40 et autres entreprises cotées en bourse pour satisfaire leurs actionnaires, confirme que le capital a déterré la hache de guerre contre les salariés. Ainsi, au nom de la baisse du « coût du travail » et des « charges (dites) patronales », pour assurer la « compétitivité », le MEDEF accentue ses attaques contre le Travail.

Le chantage est clair : soit les salariés acceptent la régression sociale, soit les actionnaires rebaptisés « investisseurs » s’en vont faire des profits ailleurs.

Loin de rompre radicalement avec les politiques libérales, la réponse de F. Hollande et son gouvernement est toute aussi claire. Ses orientations : « Le pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi ».

Dès 2012, c’est une nouvelle baisse des impôts sur les profits réalisés dans les entreprises (le « crédit d’impôt ») qui vont augmenter les dividendes des actionnaires. La population paiera via l’augmentation de la TVA.

Pour 2013, le même Président va offrir de nouveaux gages de soumission aux appétits du MEDEF. Pour flexibiliser le travail et briser les acquis sociaux, se prépare la remise en cause de la Cotisation de notre Sécurité Sociale, la casse des conventions collectives et du CDI ainsi que la poursuite de la régression des retraites.

Telle est le sens de la « normalité » du président de la République. Celle de la fidélité aux intérêts du capital, celle de la continuité des politiques menées par ses prédécesseurs : C’est un renoncement politique vis-à-vis de ses électeurs qui l’ont élu sans ferveur aucune, pressés de virer Sarkozy. Mais il a aussi été élu aussi avec la bienveillance des marchés financiers. En 1992, le même Hollande, alors simple député socialiste, déclarait qu’accepter d’entrer dans le jeu de la mondialisation capitaliste, c’était accepter que ces « contraintes financières, monétaires et, subsidiairement, européennes s’imposent ». Ce jeu, au nom de « l’Europe », le Parti socialiste et ses partis satellites l’ont accepté.

Dans l’économie réelle, il n’existe qu’un seul coût, celui du capital !

Depuis des années, le capital industriel et financier a imposé, comme une évidence, la notion de « coût du travail » et celle des « charges patronales » pour mieux masquer ses objectifs agressifs : accroitre démesurément les profits au détriment des salaires, au nom de l’emploi. Toutes les politiques gouvernementales successives se sont soumises à cette idéologie patronale.

Or, la réalité de chaque salarié contredit ce discours patronal. Avec cette seule question de bon sens : s’il n’y a pas les travailleurs dans les entreprises, qui crée la richesse ? Personne. Seul le travail des salariés crée toutes les richesses !

En clair, la notion du « coût du travail » n’est qu’un écran de fumée pour cacher la supercherie historique de la soit-disante providence des « pseudo-investisseurs » dans l’économie réelle et qui est à l’origine du pouvoir du capital et de sa contrainte actionnariale. La Bourse, les « investisseurs », ne représente que 6 % des investissements nécessaires aux entreprises chaque année. Telle est la réalité de son utilité.

Au-delà des fariboles présidentielles pour « gagner la bataille de la compétitivité », le gouvernement et les médias se gardent bien de parler du coût du capital : du coût des dividendes et de la rente, des délocalisations, des fuites de capitaux, des placements financiers et de leur logique spéculative. Ainsi, les coûts du capital, bien réels, sont la cause de la crise économique actuelle ! Tous les drames humains et industriels en découlent.

Silence aussi sur la soumission politique de tous les gouvernements qui, depuis des décennies pour « attirer les investisseurs », ont offert des cadeaux fiscaux considérables au capital. Le résultat tragique est un effondrement des recettes de l’État et l’envol de la dette publique. Les « investisseurs » font ainsi coup double : actionnaires dans les entreprises et rentiers des bons du Trésor ! Les titres des dettes publiques nationales représentent 35 % du capital financier de la planète. Refusant de changer de « disque dur », F. Hollande tient aussi ce cap : ce sera encore l’austérité, c’est-à-dire la récession pour la population. On ne change pas une stratégie perdante pour la Nation et la croissance ! Mais pas perdante pour tout le monde…

« Investisseur » ? : dégage !

La compétitivité, c’est la mise en concurrence des travailleurs dans l’entreprise et entre entreprises au niveau national et international. Son bilan ? La distribution des dividendes est passée de 92 milliards en 1999 à 237 milliards en 2011. Ce n’est donc pas la baisse des taux de marge qui rend l’industrie française incapable d’investir, c’est la voracité des actionnaires sans frontières, leurs traités européens basés sur une « concurrence libre et non faussée » et la surévaluation de leur monnaie unique qui sont le cimetière des nations et des peuples souverains.

À l’expérience, la logique actionnariale des « investisseurs » de financement des investissements dans les entreprises est ciblée et apparaît pour ce qu’elle est : acquérir un droit de propriété et de pouvoir pour exercer un droit de tirage ad vitam aeternam sur les richesses créées au détriment de leurs vrais producteurs, les salariés.

Les vrais moteurs d’une croissance efficace restent toujours les mêmes !

De fait, le moteur, les composantes de la croissance (PIB), selon l’INSEE, sont toujours les mêmes : la puissance de la consommation populaire (53 %), alimentée par la masse salariale nationale et sa part socialisée (sécu, retraites), les services publics (24 %), l’investissement productif (20 %), et le commerce extérieur (la fameuse balance commerciale de l’import/export), beaucoup moins important qu’on nous le présente.

Dès lors, il faut rompre avec la politique privilégiant la logique actionnariale, qui a imposé la régression des salaires, la réduction de la puissance du secteur public mais aussi de la souveraineté nationale et le recul de l’investissement productif entrainant une chute du taux de la croissance économique.

L’agression du patronat et de la finance contre le travail vise à masquer la faillite du capitalisme et de ses exigences « libre-échangistes ». Ses clignotants sont au rouge. Il craint qu’émerge le réel, la mise à jour de l’efficacité des producteurs de richesses (les salariés), de l’efficacité des peuples, des nations qu’ils ont construites, de leur histoire, de leurs conquêtes sociales et de leur mode de vie. Ainsi s’explique la répression brutale qui s’abat sur les militants syndicaux qui refusent de capituler dans la lutte de classe que le capital prétend gagner dans la période.

Le temps où les capitalistes disaient « laissez nous faire, on s’occupe de tout ! » doit cesser. Chaque peuple doit pouvoir se protéger des volontés du capital de « mondialiser » la concurrence entre travailleurs et entre peuples. Échanger, coopérer, c’est une question de détermination politique. Exprimons la nôtre !

Paris, le 10 janvier 2013

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